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Rencontres et Cultures Locales

Interview de Sarah Lopez de Les Covoyageurs : Voyager en solo sans se sentir seul : la nouvelle façon de découvrir le monde

Sarah, vous avez cofondé Les Covoyageurs en partant de votre propre difficulté à voyager seule dans un groupe : pouvez-vous nous raconter ce déclic personnel et en quoi il a façonné votre vision du voyage en solo « sans se...

2 avril 2026 8 min de lecture
Interview de Sarah Lopez de Les Covoyageurs : Voyager en solo sans se sentir seul : la nouvelle façon de découvrir le monde

Sarah, vous avez cofondé Les Covoyageurs en partant de votre propre difficulté à voyager seule dans un groupe : pouvez-vous nous raconter ce déclic personnel et en quoi il a façonné votre vision du voyage en solo « sans se sentir seul » ?

L’idée de créer Les Covoyageurs nous est venue en travaillant dans une agence de voyages d’aventure avec mon associée. Nous nous sommes rendues compte que de nombreux solos avaient peur de se retrouver seul dans un groupe composé essentiellement de familles et de couples. Nous avons alors souhaité créer une agence de voyages 100% dédiée aux solos pour leur permettre de se retrouver avec d'autres personnes du même profil et surtout pour qu’ils ne se sentent pas isolés dans un groupe essentiellement composé de couples ou familles.

Concrètement, comment se traduit votre promesse de ne pas se sentir seul quand on voyage en solo avec Les Covoyageurs : de la constitution des groupes (4 à 15 personnes) à l’animation sur place, quels sont les mécanismes que vous avez mis en place pour favoriser les liens sans forcer la convivialité ?

Premièrement, en choisissant Les Covoyageurs, vous partez dans un cadre pensé pour favoriser les échanges dès le départ. Les groupes sont volontairement limités de 4 à 15 participants, ce qui permet de créer rapidement une atmosphère conviviale. Et surtout, tous les voyageurs sont des solos (pas de couples, pas d’enfants). Chacun est dans la même démarche avec la même envie de se rencontrer et de partager.
Tout au long du voyage, le groupe est accompagné par un guide local francophone. Au-delà de la découverte culturelle, il joue un rôle essentiel dans la dynamique du groupe, il veille au bon déroulement du séjour, facilite les échanges et s’assure que chacun trouve sa place.
Par ailleurs, les liens se créent naturellement, au fil des expériences partagées. Pour cela, nos circuits intègrent des moments d’immersion dans la culture locale : repas, activités, rencontres… Autant d’occasions simples et authentiques de discuter, de rire et de créer du lien, sans pression.

Vous parlez souvent de la peur de se retrouver « seul dans un groupe » : quels types de freins psychologiques ou sociaux observez-vous le plus souvent chez vos clients solos, et comment vos équipes et vos circuits sont-ils pensés pour les dépasser progressivement ?

Les principaux freins psychologiques ou sociaux que nous observons sont d’abord la peur de ne pas réussir à s’intégrer dans un groupe. À cela s’ajoute une appréhension plus personnelle, sortir de sa zone de confort, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier voyage entre solos.
On constate aussi une forme de doute avant le départ. Certains se demandent s’ils ont “le bon profil”, s’ils vont réussir à créer du lien ou simplement trouver leur place au sein du groupe.
Pour dépasser ces freins, toute l’expérience est pensée pour accompagner nos Covoyageurs progressivement.
Avant même le départ, un premier lien se crée. Nous sommes en effet également un réseau social dédié aux voyageurs solos, avec plus de 100 000 membres inscrits. Il est possible de se créer un profil gratuitement, de rechercher d’autres Covoyageurs de sa région ou de sa tranche d’âge et il est surtout possible de consulter les profils des autres inscrits ou intéressés par un voyage, d’échanger via un fil de discussion dédié à chaque voyage, ou encore d’utiliser une messagerie sécurisée pour faire connaissance en toute simplicité. Ensuite, les petits groupes de maximum 15 personnes jouent un rôle clé. On évite l’effet impersonnel pour laisser place à une ambiance conviviale et rassurante. Les échanges se font naturellement, sans pression.
Sur place, les circuits sont conçus pour favoriser les moments de partage : une randonnée, un repas local, des activités participatives… autant d’occasions de discuter, de rire et de créer du lien, tout en respectant le rythme de chacun.
Les guides locaux participent pleinement à cette dynamique. Ils facilitent les interactions, insufflent une énergie positive au groupe et veillent à ce que chacun trouve sa place.
Enfin, il y a un élément essentiel : tous les participants sont dans la même démarche. Chacun est venu seul, avec les mêmes attentes. Cela crée très vite un terrain commun, où les échanges deviennent naturels et les liens se tissent presque spontanément.

Avec plus de 300 voyages dans près de 90 destinations, quelles sont, selon vous, les typologies de séjours ou d’activités qui facilitent le plus la création de lien entre voyageurs solos, et à l’inverse, quels formats fonctionnent moins bien pour éviter les sentiments d’isolement ?

Avec l’expérience, on se rend compte que ce qui crée le plus de lien, ce sont les voyages où il y a des expériences participatives en immersion dans la culture locale : un cours de cuisine traditionnelle, une rencontre avec un artisan local, une nuit chez l’habitant… Ce sont des moments vécus ensemble, qui génèrent spontanément des échanges et des souvenirs communs.
La randonnée fonctionne également très bien. On marche côte à côte, les discussions viennent spontanément.
À l’inverse, les formats plus “statiques” peuvent parfois être un peu moins propices au lien, surtout au début. Un séjour avec peu d’activités encadrées ou beaucoup de temps libre, peut laisser davantage de place à l’isolement pour ceux qui n’osent pas faire le premier pas.

Les Covoyageurs se présentent aussi comme un réseau social 100% dédié aux vacances pour célibataires : en quoi cette dimension « communauté » avant, pendant et après le séjour transforme-t-elle l’expérience du voyageur solo et sa manière de découvrir le monde ?

Nous avons intégré un véritable réseau social directement sur notre site afin de faciliter les échanges à chaque étape du parcours.
Il est possible de se créer un profil gratuitement, de rechercher d’autres Covoyageurs de sa région ou de sa tranche d’âge. Il est également possible de consulter les profils des autres inscrits ou intéressés par un voyage. Cela permet de se projeter plus facilement et de créer un premier lien avant même le départ. Nous avons pour cela un fil de discussion sur chaque voyage ainsi qu’une messagerie privée.
Après le séjour, cette dynamique se prolonge. Les participants peuvent partager leurs photos, déposer leur avis et raconter leur expérience. Cette dimension participative renforce le sentiment de communauté et permet à chacun de contribuer, tout en aidant les futurs Covoyageurs à se projeter à leur tour.

Depuis 2012, avez-vous observé une évolution dans le profil et les attentes des voyageurs solos (âge, motivations, rapport au couple, à l’indépendance) et comment imaginez-vous que le « covoyage » va se réinventer dans les prochaines années face à des enjeux comme le slow travel ou l’empreinte carbone ?

Depuis 2012, nous avons effectivement vu évoluer le profil et les attentes des voyageurs solos. Aujourd’hui, les voyageurs recherchent une vraie expérience humaine, des rencontres, du partage, mais aussi une forme de liberté dans leur façon de voyager. Les voyageurs ont envie de partir pour eux, de vivre une expérience enrichissante, tout en restant ouverts aux autres. De plus en plus de voyageurs cherchent à donner du sens à leur voyage, prendre le temps, mieux comprendre les destinations, privilégier la qualité à la quantité.
C’est dans cette démarche engagée et responsable que nous avons toujours conçu nos voyages. Nous travaillons avec de petits prestataires locaux pour maximiser les retombées économiques locales. Nos partenaires sont par ailleurs tous engagés dans le respect de l’environnement pour minimiser les dégradations que pourraient causer le passage des voyageurs. Enfin, les petits groupes, à taille humaine, permettent de favoriser des échanges plus authentiques et respectueux et de minimiser les impacts sociaux à destination.
On imagine donc un Covoyage qui reste fidèle à son ADN : la rencontre et le partage tout en allant encore plus loin sur les enjeux d’un tourisme plus responsable, immersif et toujours à taille humaine.

Pour conclure, quel conseil très concret donneriez-vous à quelqu’un qui rêve de partir seul mais n’ose pas franchir le pas, et quel état d’esprit lui recommanderiez-vous d’adopter pour faire de ce premier voyage en solo une expérience réellement épanouissante plutôt qu’angoissante ?

Le plus simple, c’est de ne pas trop attendre le “bon moment”… parce qu’en réalité, on ne se sent jamais totalement prêt. Le vrai déclic, c’est souvent de choisir un premier voyage qui rassure, un petit groupe, un cadre organisé, des personnes qui sont dans la même démarche. Ça enlève déjà beaucoup de pression.
Si vous hésitez, partez sur une destination qui vous fait vraiment envie. Quelque chose qui vous motive profondément. Quand l’envie est là, elle prend vite le dessus sur les doutes.
Ensuite, côté état d’esprit, il faut surtout y aller sans se mettre de pression. Chacun avance à son rythme. Parfois les échanges viennent très vite, parfois un peu plus doucement… et c’est totalement normal.
Le plus important, c’est d’être ouvert, de rester soi-même et de profiter.
Et puis, il ne faut pas oublier une chose : tout le monde est dans la même situation et a sûrement les mêmes appréhensions... Et c’est justement ce point commun qui facilite énormément les rencontres !

Pour en savoir plus : https://www.les-covoyageurs.com